Le burn out : un mal pour le salarié, des maux (mots) pour l'entreprise

1Plan de travail 22

 

article rapideDurée de lecture : 5 min  

Plus de 10.000 cas d’affections psychiques ont été reconnues par l'Assurance Maladie au titre des accidents du travail avec arrêt en 2016, et près de 600 cas ont même été reconnus en tant que maladie professionnelle (contre  moins de 100 en 2010).

Avec une durée moyenne d'arrêt de travail deux fois plus importante que pour tous les accidents de travail confondus (112 jours d'arrêt de travail VS 65 jours), les affections psychiques ont des répercussions importantes sur les entreprises et impactent fortement leur taux d'absentéisme. Les affections psychiques reconnues en maladie professionnelle ont des répercussions encore plus graves avec une durée moyenne d’un arrêt de 400 jours…

Ces affections psychiques sont déclenchées soit par un événement extérieur (agression, menaces, braquages), soit par des conditions de travail difficiles entraînant dépression et anxiété... le fameux burn-out.

BURN OUT

est un terme qui désigne l’épuisement professionnel.
Ce terme est a
pparu dans les années 70, conceptualisé par Freudenberger, psychiatre américain. Claude Veil, psychiatre français, avait déjà repéré l’épuisement en lien avec le travail dans les années 50. D’abord utilisé pour décrire un mal professionnel dont souffraient les soignants, il touche dorénavant tous les métiers avec des manifestations diverses selon le contexte professionnel et les spécificités individuelles.

Le burn out est défini comme un épuisement à la fois émotionnel, psychique et physique face à des situations exigeantes émotionnellement.

Il touche le plus souvent les personnes très investies dans leur métier mais qui s’épuisent des conditions de travail délétères ou inadaptées.

Il se définit en lien avec la notion de stress au travail “qu’une personne ressent comme un déséquilibre entre ce qu’on lui demande de faire dans le cadre professionnel et les ressources dont elle dispose pour y répondre” [2]

La prévention du burn out s’articule autour de 3 axes :

  1   la prévention primaire qui correspond à une culture préventive
  2   la prévention secondaire qui correspond à la sensibilisation
par la formation, l’ajustement continu, la mesure
  3   la prévention tertiaire qui correspond à l’action curative,
la prise en charge de la situation de crise

PRÉVENIR

Les actions pour la prévention du burn out sont simples à identifier et relèvent parfois du bon sens. Les axes de réflexion sont :

  • la charge de travail
  • les conditions et l’environnement de travail
  • les exigences émotionnelles
  • les relations aux travail
  • l’autonomie et les marges de manœuvre
  • les conflits de valeur

Quand on sait que le stress au travail se définit par des ressources insuffisantes au regard des exigences de la situation de travail ; il suffit de rétablir l’équilibre. Bon sens, direz-vous ! mais les chiffres ont parlé. Les objectifs restent trop élevés voire irréalistes et les conditions de travail inadaptées. Les moyens ne sont pas à la mesure / hauteur de la tâche à accomplir. Le collectif de travail se perd. L’évaluation se faisant sur un mode compétitif et individualisé, le soutien social et le collectif disparaissent.

SENSIBILISER

Lorsque l’on parle de prévention, il s’agit non seulement d’agir sur les causes du mal comme nous l’avons évoqué précédemment mais également de sensibiliser, d’informer et d’apprendre à repérer ce qui met en péril la santé des travailleurs et par conséquent celle de l’entreprise.

Tout travailleur doit être sensibilisé aux signes qui précèdent l’envahissement professionnel avant de tomber dans la pathologie. Apprendre à identifier ses forces mais aussi ses limites est à la base de l’efficience.

La ligne hiérarchique doit également être vigilante pour les autres mais aussi pour elle-même. Dans les pratiques managériales, beaucoup sont dites pathogènes ; c’est à dire qu’elles génèrent de la pathologie en mettant en difficultés les subordonnés. Ne devient pas manager qui veut, il ne s’agit pas uniquement d’une promotion de carrière mais bien d’une compétence complexe et compliquée à manier.

Se former et s’informer constamment constituent seulement les bases d’un management sain; il faut aussi questionner sa pratique à travers ses équipes, questionner ses collaborateurs pour être dans une compréhension personnelle des situations. Cette dernière relève presque d’une espèce d’insight des situations et des personnes. Le manager de proximité prend en (la) main et accompagne son collaborateur. Il ne marche pas toujours devant, jamais sur mais surtout à côté.

Chacun doit être vigilant aux signes du burn out, pour soi mais aussi pour les autres :

BURNOUT2-1Des symptômes physiques c’est-à-dire un impact sur le corps tels que :

  • fatigue, épuisement
  • conduites addictives
  • dermatite
  • problèmes digestifs
  • sommeil perturbé voire insomnies
  • maux de dos, d’articulations
  • système immunitaire fragilisé

Des symptômes psychiques, c’est-à-dire une usure de la sphère psychique, mentale et cognitive et une fragilité émotionnelle :

  • démotivation
  • conduites addictives
  • désintérêt
  • frustration
  • anxiété
  • dépression
  • irritabilité
  • cynisme
  • sentiment d’inutilité / d’insignifiance
  • perte de sens
  • perte de l’estime de soi


PRENDRE EN CHARGE

La prévention tertiaire désigne les actions curatives du risque psychosocial. Concernant le burn out, sa prise en charge est d’abord médicale car il est un effondrement psychique, physique et émotionnel. Différentes prises en charge d’appui à ce soin existent : psychologique, sophrologique, somatique selon les symptômes (kiné, respiratoire, gastro-entérite …). L’action curative ne se suffit pas à elle-même. C’est également une boucle qui revient alimenter la prévention primaire :

Que retenir de ce qui s’est passé ? comment l’inscrire dans le DUERP [3] ?
Comment éviter que ce mal ne se reproduise ?

Que mettre en place pour prévenir ? à savoir voir venir les signes du burn out et s’inquiéter de la santé physique et mentale des équipes.

BURNOUT-4

S’enquérir du moral et du besoin du collaborateur préservera sa santé. L’engagement est un indicateur essentiel du risque psychosocial et un prérequis primordial pour la performance. En le mesurant, on évalue plusieurs dimensions essentielles du travail : les relations, la fonction managériale, les conditions et l’environnement de travail, les valeurs … entre autres. Ces dimensions constituent les éléments de base de l’activité de travail et de ce qui fait l’être et le faire au travail.

Le burn out reste difficile à définir et à reconnaître, les symptômes étant génériques dans la description ci-dessus mais aussi très spécifique à l’individu. Une personne pourra manifester des symptômes plutôt psychiques et un peu moins physiques et inversement. La question de la preuve et du lien entre la maladie et le travail est compliquée. Cela a d’ailleurs été la difficulté lorsqu’il a été question de légiférer sur le burn out qui n’est d’ailleurs toujours pas reconnu en tant que maladie professionnelle. Par contre, l’OMS[4] reconnait bien le burn out comme pathologie en lien avec le travail, sans le nommer comme tel.

12Plan de travail 45 copie

image JLOMot de l'expert
Valentin Lemoine, Groupe JLO :

"Comprendre la notion d’épuisement professionnel est un point central dans la prévention des risques psycho-sociaux et le développement de la qualité de vie au travail. Conséquence indéniable d’une rencontre entre des ressources insuffisantes et un environnement surmenant, le burn-out est aujourd’hui le sujet de chaque acteur. Si nombreux sont ceux qui attendent l’apparition évidente de signes d’alertes pour réagir, nous devons tous comprendre que ce phénomène insidieux peut constituer un point de non-retour pour celui qui l’héberge – et le collectif qui l’observe. En ce sens, en comprendre le fonctionnement, prévenir ses origines et accompagner son émergence est aujourd’hui devenu un enjeu majeur pour les entreprises et institutions publiques. Le burn-out naît là où l’impensable ne peut exister. Là où l’idée même de vulnérabilité est synonyme de faiblesse."

 

[1] accidents de travail [2] INRS : http://www.inrs.fr/risques/stress/ce-qu-il-faut-retenir.html [3] DUERP Document unique d’évaluation des risques professionnels [4] Organisation Mondiale de la Santé

 
OU 
Mesurez l’engagement de vos collaborateurs.
Accéder à notre démo gratuite
Démo gratuite